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écrivez à vos députés LREM, ils vous représentent à l’Assemblée Nationale

lundi 24 février 2020

Nos députés sont en pleines discussions à l’Assemblée Nationale afin de voter dans les jours qui viennent la loi de la retraite par points. Texte à trous, financements absents du texte, promesse de maintien des pensions enseignantes retoquées par le Conseil d’Etat, durée des débats parlementaires très insuffisante, Exécutif qui complètera a posteriori par décrets, utilisation probable du 49.3 ...
Ecrivez à vos 3 députés LREM des PO pour leur rappeler le rejet très majoritaire de cette réforme dans l’opinion publique, et votre critique du passage en force programmé sans respect pour l’Assemblée Nationale qui représente déjà si mal la réalité de notre pays.

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    Les adresses emails de nos trois députés LREM du département des P.O :

sebastien.cazenove@assemblee-nationale.fr

romain.grau@assemblee-nationale.fr

laurence.gayte@assemblee-nationale.fr

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    Exemple de lettre proposée par le bureau du SNUipp-FSU66. A envoyer au nom de toute la famille, simplifiez les passages en vert . D’autres modèles de lettres circulent sur le net...

Mme la députée / M. le député,

Actuellement se joue à l’Assemblée Nationale l’étape législative de la réforme des retraites par points portée par le gouvernement Philippe.
La première étape était celle des discussions (et non des véritables négociations comme le répète à l’envie le gouvernement) entre organisations syndicales et gouvernement représenté par le regretté commissaire M. Delevoye. Après de nombreux mois sans véritables avancées, elles ont accouché d’un rapport détaillant l’esprit et les axes de la réforme. Contrairement à ce que les ministres disent dans les médias, les français n’ont que trop bien compris les failles et les pièges du projet.
La deuxième étape dure depuis le 5 décembre 2019 et n’est toujours pas terminée, c’est celle de la contestation dans la rue. Le rapport de force a poussé le premier ministre à s’exprimer à la mi-décembre afin de clarifier certains points importants :

  • l’enveloppe budgétaire contrainte pour toutes les pensions limitées à 14% du PIB (les retraités auront ce qu’on peut leur verser, et non ce qu’on doit leur verser, selon leur nombre total et les aléas de l’économie française)
  • un départ en retraite à 62 ans pour tous assorti d’un âge d’équilibre modifiable impliquant un malus : il faudra travailler plus longtemps pour perdre moins.
    Cette réforme se prétend égalitaire, piétinant ainsi les différences de sexe, de parcours professionnels, d’espérance de vie en bonne santé en découlant, de durée et de type de carrière, la pénibilité au travail subie, la durée d’études imposées par son métier... L’égalité de façade n’implique pas forcément l’équité entre tous, et c’est criant dans cette réforme.
  • un point d’indice protégé prétendument gravé dans le marbre de la loi, alors qu’il est justement la variable d’ajustement du système
  • une promesse du premier ministre qu’il n’y ait aucun perdant, sinon le projet ne serait pas envisagé. Or toutes les années compteront, même les "mauvaises", un piège pour les carrières tronquées, et en particulier pour les femmes.
  • Un problème de financement passager à moyen terme qui est dû aux recettes insuffisantes provoquées par des choix gouvernementaux d’exonérations fiscales massives, et non à des dépenses trop fortes.

La question des pensions des enseignants est caricaturale ! Tous les calculs - gouvernementaux comme syndicaux - annoncent des pertes de pensions allant de 20 à 30%. MM. Macron, Philippe et Blanquer ont promis, juré qu’il était hors de question de voir ces pensions ainsi baisser, et que des revalorisations légitimes seraient annoncées d’ici juin, soit après le vote de la réforme à l’Assemblée Nationale. Ils ont promis les yeux dans les yeux que "pas un euro ne manquerait" aux pensionnés enseignants, que ce serait inscrit dans la loi, que pour compenser et éviter ces baisses un plan de revalorisations salariales sur 15 ans y serait gravé (choses retoquées par le Conseil d’État). Les 10 milliards par an nécessaires indiqués par le Président à Rodez sont devenus 10 Mrds étalés sur 15 ans. Les 500 millions pour 2021 (pour 850000 enseignants) seront très insuffisants voire risibles, ne concerneront qu’une petite partie des personnels, et seront liés à de nouvelles obligations de service : il n’y aura donc aucune revalorisation spécifique pour compenser les pertes de pensions ! Le plan annoncé sur 15 ans sera réduit à 5 ans. Même les ridicules 500 millions par an ne sont plus d’actualité. Un immense pchiiit, en fin de compte... La grande colère est au niveau de l’énorme déception suivant ces annonces réitérées de "revalorisations historiques" de la part de M Blanquer. Les enseignants n’ont jamais été dupes, ils connaissent leur énorme retard salarial, les pertes de pouvoir d’achat systématiques depuis près de 20 ans, et ils ne supportent plus les mensonges éhontés de la communication ministérielle et les promesses faites à l’opinion publique bien plus qu’à eux-mêmes. Ce ministre leur a déjà gelé point d’indice et maigres revalorisations adoptées sous l’ancienne présidence, puis maintenant leur ment les yeux dans les yeux : il n’a plus aucune crédibilité auprès du monde éducatif. Qu’on ne s’étonne pas si ces enseignants réclament encore le retrait complet de la réforme annoncée !

En tant que parlementaire représentant la nation et tous ses citoyens, vous participez à des discussions à l’Assemblée Nationale puis au Sénat sur un projet incomplet, non sérieusement budgétisé, qui sera complété ensuite par une série de décrets de l’Exécutif sur lesquels vous n’aurez rien à dire. Pas de vue générale sur l’impact financier de cette réforme à tous les niveaux, pas de certitudes que les promesses pourront être tenues. Votre travail de parlementaire est déjà mis à rude épreuve par un calendrier intenable, voulu par le Président de la République. Ces quelques jours pour une telle réforme engageant tous les français ne permettront pas de prendre le temps de débattre sur la forme, sur le fond, sur les détails, sur l’équité, sur la justice sociale tant vantée, sur les cas particuliers à traiter, sur l’universalité déjà abandonnée... Et l’Exécutif n’exclut donc pas l’idée de passer en force en vous contraignant à subir l’usage du 49.3 qui piétine le travail de la représentation nationale. Courir et bâcler pour mieux cacher les réalités du projet ? 49.3 puis décrets au printemps, que reste-t-il de la vie démocratique et parlementaire de notre pays ?

Nous savons que beaucoup de députés de la majorité présidentielle ont subi les sarcasmes en devant vendre dans les médias ou en réunions publiques une réforme complexe et incomplète qu’ils ne dominaient bien sûr pas, au delà des éléments de langage fournis par le gouvernement. Nous savons aussi que ces mêmes députés ont de plus été ébranlés par l’épisode du congé parental pour deuil d’un enfant, les critiques ont été très nombreuses sur leur inhumanité, leur manque de sens politique, leur obéissance aveugle à l’Exécutif, leur éloignement de certaines réalités sociales... Ayant été absent de l’Assemblée ce jour-là, nous ne saurons pas si vous auriez été plus indépendant dans votre analyse, plus bienveillant dans votre réflexion, plus courageux dans votre décision... L’heure de reprendre la main politique se présente à vous.

Ce moment politique majeur que représente l’examen puis le vote sur la loi de cette réforme des retraites est une occasion à ne pas manquer pour affirmer à nouveau l’indépendance du Législatif par rapport à l’Exécutif. Pour les représentants de tous les citoyens, reprendre la main sur le temps nécessaire aux débats, car ils méritent d’être longs et profonds. Réaffirmer aussi qu’un parlementaire n’est pas un clone parmi tant d’autres dans les mains d’un gouvernement, même si on le soutient. Dans l’intérêt de tous nos concitoyens, ce débat parlementaire ne doit pas être bâclé ni expédié, il engage l’avenir social de toute la Nation. L’Histoire ne pardonnerait pas une manœuvre bien peu démocratique que le futur jugerait très sévèrement. Une large majorité de français maintient semaine après semaine son refus de cette réforme, celle-ci n’étant d’ailleurs pas du tout ce qu’avait annoncé le candidat Macron en campagne en 2017. De plus, la majorité actuelle a été élue sur des arguments d’ouverture, d’humanisme, de politique modernisée, de fin des agissements du vieux monde politique, de réaffirmation de la démocratie face à une menace venue d’un extrême, de diversité de pensée au sein d’un mouvement naissant... Passer en force sur ce texte jugé par beaucoup inéquitable, incomplet, financièrement douteux, serait une tache indélébile dans le bilan de cette législature. La large majorité de Français qui rejettent cette réforme, et qui ne l’ont d’ailleurs pas demandée auront les yeux rivés sur l’Assemblée Nationale, les procédures utilisées. Ils verront s’il s’y joue comme il se doit un vrai moment démocratique, ou un hold-up maquillé.

Nous espérons que les représentants du peuple, dans leur ensemble et quel que soit leur groupe, auront un sursaut de lucidité et de courage politique pour ne pas tomber dans la comédie de mauvais gout que certains appelleront une crime en bande organisée pour faire main basse sur l’un des derniers vestiges du modèle social français, né d’un accord historique entre les gauches et les gaullistes porté par le Conseil National de la Résistance au sortir de la dernière guerre, pour des "jours heureux". Nous espérons, Madame la députée /Monsieur le député, que vous serez de ces parlementaires avisés, bienveillants, courageux, humains, soucieux de bien collectif bien plus que des consignes d’appareils politiques aveuglés par les milliards en jeu.

Soyez assuré.e, Monsieur le Député /Madame la Députée , de notre engagement pour une République protégeant tous les citoyens, démocratique, sociale et solidaire.

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